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Téji Savanier, candidat de plus en plus crédible à l'EdF

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En état de grâce avec Montpellier sur ce début de saison, Téji Savanier fait partie des candidats à une première convocation en équipe de France, le mois prochain.

L'équipe de France a ajouté un match amical à son programme du mois d'octobre, le 7, contre l'Ukraine (en plus du Portugal et de la Croatie en Ligue des Nations). Une opportunité de plus pour Didier Deschamps de tester de nouvelles choses, tactiquement, et surtout de voir plus de monde, à neuf mois de l'Euro. Début septembre, il avait ouvert la porte de Clairefontaine à Eduardo Camavinga et Houssem Aouar (finalement forfait à cause du covid-19). Le calendrier chargé qui attend les Bleus pourrait cette fois permettre à Téji Savanier de la franchir.

Non pas que Camavinga et Aouar méritent de sortir de la liste. Le jeune rennais a brillé lors de sa première entrée en jeu face aux croates, tandis que le numéro 8 de l'OL a prouvé le mois dernier qu'il avait le niveau international. Mais le petit milieu montpelliérain, par ses performances depuis le début de la saison, s'est inscrit parmi les candidats à la prochaine liste des 23. Brillant face à Nice samedi dernier (3-1), il s'est montré décisif contre Lyon mardi soir, en inscrivant ses deux premiers buts de la saison (2-1). Deux prestations qui lui ont valu la même note de 8/10 chez la rédaction de MadeinFOOT.

Lyon s'en méfiait, il s'est offert un doublé

"Il a des jambes, la qualité technique pour réaliser de très bonnes choses et il le démontre sur le terrain", commente sobrement son entraîneur, Michel Der Zakarian. "Son niveau, on le voit tous les jours à l'entraînement, ça ne nous surprend pas forcément", explique Gaëtan Laborde. Il faut donc questionner ses adversaires pour prendre la mesure de la dimension prise par l'ancien nîmois cet été. Rudi Garcia, par exemple, avait préparé un plan anti-Savanier... "Il n'a pas fonctionné, c'est le moins qu'on puisse dire", concède le coach lyonnais. "On savait qu'il fallait le neutraliser, c'est leur meilleur joueur et, malheureusement, il est dans le coup sur les deux buts. On n'a pas su gérer ça..."

Recalé du centre de formation du MHSC, avant de signer à Arles puis de s'épanouir à Nîmes, Savanier a percé sur le tard. Il a joué son tout premier match de Ligue 1 à 26 ans et à l'approche de la trentaine (il fêtera ses 29 ans en décembre), sa progression semble encore linéaire et sa palette s'élargie. Milieu de terrain reculé, il évolue depuis peu en position de numéro 10, derrière le duo Delort-Laborde. "Le coach m'a placé ici, je m'y sens bien", confie le numéro 11 de la Paillade. "Même si le coach me fait redescendre en 6, je jouerai là et je ne poserai pas de question, quoiqu'il arrive."

Cette polyvalence pourrait s'avérer être un atout en vue d'une potentielle convocation chez les Bleus. Deschamps se cherche tactiquement et Savanier, capable d'évoluer en pointe basse d'un milieu à trois, en double pivot devant la défense et donc, aussi, en position de meneur de jeu, serait capable de s'intégrer dans à peu près n'importe quel système. Un profil hybride qui pourrait s'apparenter, certes dans des rôles différents, à ceux de Nabil Fekir, Moussa Sissoko ou Jonathan Ikoné, présents lors du dernier rassemblement sans être franchement indiscutables. Sans parler de la fraîcheur que son jeu débridé et entraînant apporterait à une formation tricolore qui a parfois tendance à ronronner. Il serait de bon ton, en tout cas, dans le staff des Bleus, d'aller faire un tour du côté de la Mosson...